Top Management France / TXO > Editorial de Geoffroy Roux de Bézieux pour l'édition 2019

        L’arrivée dans les entreprises de la génération « digitale » hyper connectée et hyper informée, habituée à travailler en réseau, autonome, attachée à sa liberté et en quête de sens nous impose de revoir en profondeur nos pratiques managériales. Avec le développement d’une économie de la connaissance et l’avènement de l’intelligence artificielle, le capital cognitif est devenu aussi déterminant que le capitalisme financier. Désormais, il s’agit de manager des intelligences et de s’adapter aux aspirations nouvelles des salariés qui représentent l’essentiel de la valeur ajoutée.  « Confiance », « autonomie », « responsabilisation », « coopération », « bien-être » doivent aujourd'hui être les maître-mots du management.

Le fonctionnement pyramidal doit céder la place à l’organisation horizontale, le travail en projet doit être favorisé, les initiatives individuelles valorisées, l’autonomie et la responsabilisation encouragées. Pour les mêmes raisons, et compte tenu de l’accélération des mutations technologiques, cette révolution managériale -  indispensable - doit s’accompagner d’un effort de formation sans précédent afin de donner aux collaborateurs les possibilités et les conditions de maîtriser leur vie et leur avenir professionnels.


Le management ne se limite pas à l’organisation du travail, il faut aussi impérativement associer davantage les salariés à la performance de l’entreprise. L’intéressement fait avantageusement converger les intérêts de l’entreprise, qu’elle rend plus performante, vers ceux des salariés qu’elle associe à ses résultats tout en les aidant à préparer leur avenir. A l’heure où les jeunes générations qui entrent aujourd'hui sur le marché du travail expriment une vraie quête de sens, l’intéressement peut aussi leur offrir une vision plus moderne de l’entreprise, plus inclusive. 

Dans le même esprit, il faut développer également l’actionnariat salarié : c’est un dispositif souvent indispensable pour motiver et fidéliser les salariés mais aussi pour préserver et stabiliser le capital de l’entreprise.  Au-delà, il faut renouveler et revitaliser le dialogue dit « social » en le sortant des conventions formatées d’un autre âge qui ne répondent plus aux attentes des nouvelles générations. C‘est sur elles que l’on doit s’appuyer pour engager un dialogue prospectif avec les représentants des salariés et construire un nouveau modèle social.


Tout le monde en convient, il y a un lien évident entre la croissance durable d’une entreprise et la qualité de son management. Pour produire pleinement ses effets, la révolution numérique nous oblige à repenser le travail sous tous ses aspects. Ne laissons pas passer cette chance de construire une économie humaine et performante, de réconcilier une fois pour toutes les intérêts du capital et du travail. Travaillons tous ensemble à la mise en place d’un capitalisme humain.  Il en va de la cohérence de la société toute entière.  L’entreprise ne se résume pas à son rôle économique, en tant qu’acteur – reconnu - de la société, elle a une mission d’intérêt général.  C’est la raison pour laquelle le Medef s’est doté d’une « raison d’être » : « agir pour une croissance responsable ».




Geoffroy Roux de Bézieux


Président du Medef

Mise à jour le Mardi, 18 Juin 2019


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