Nouveau Président d’Even Groupe

 

Jean-Michel GAC succède à Guy Le BARS à la présidence du Conseil d’administration de la coopérative Even.

 

C’est une page qui se tourne pour la coopérative finistérienne Even (6 230 salariés, 2,7 milliards d’euros de CA en 2023). Après 17 ans de mandat à la présidence de son conseil d’administration, Guy Le Bars passe la main à Jean-Michel Gac, un éleveur de 47 ans qui a pris la suite de ses parents en 2003 à Hénanbihen, dans les Côtes-d’Armor. Installé en Gaec avec son frère et deux salariés, il mène un troupeau de 130 vaches sur 230 hectares, ainsi qu’un atelier porcin en post-sevrage et engraissement. L’exploitation produit également de l’énergie grâce à une unité de méthanisation. Jean-Michel Gac est devenu administrateur d’Even en 2006, puis vice-président en 2017, avant d’être élu président le 1er juillet 2024.

Résultats de l’Étude sur la Romance du Travail par le Groupe Technologia

L’amour au travail

Saint Valentin : près d’un Français sur deux a déjà

eu une relation amoureuse … au travail

Par Violaine des Courières

 

 

Recherche de l’âme soeur, effet #MeToo… : “Marianne” dévoile aujourd’hui les résultats d’une études inédite réalisée par le Cabinet Technologia et l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne sur la Romance au travail. Un sujet peu documenté jusqu’à présent mais qui concerne a concerné de près… 46% des salariés. La Fin de l’amour. Publié en 2020, cet essai de la sociologue Eva Illouz décryptait la marchandisation des sentiments amoureux par le capitalisme et, notamment, les applications de rencontre. Plus récemment, le 6 février 2024, l’Ifop dévoilait une étude titrée “La “sex récession” : les Français font-ils moins l’amour ?” et révélait qu’une proportion d’hommes et de femmes préféreraient jouer à un jeu vidéo ou consulter leurs réseaux sociaux plutôt que de s’abonner à une partie de jambes en l’air. Un tableau digne d’un roman de Michel Houellebecg. Concernant les relations amoureuses, en ces temps de Saint-Valentin – fête, la encore, commerciale, le climat est morose. Mais un espoir surgit de nulle part, et surtout dans des lieux qu’on n’attendait pas : les bureaux, les open spaces les salles de réunion, les couloirs d’entreprise et d’institution.

Ragots, Rumeurs et Jalousies

En effet, Marianne révèle en exclusivité les résultats d’une études du cabinet Technologia – spécialiste de la prévention des risques et de l’amélioration des conditions de travail – et de l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne sur la romance au travail, un sujet très peu étudié par le passé. On y apprend que près d’un Français sur deux – 46% exactement a déjà eu une relation amoureuse au travail.

Et sur ce chiffre, 80% affirment que cette relation était sérieuse. Le bureau apparaît comme la première agence matrimoniale physique, après les cercles de rencontre amicaux et familiaux. C’est un des derniers endroits où il existe encore un brassage social permettant de rencontrer un personne issue d’un milieu différent du sien. De fait, au boulot, les personnes se voient tous les jours ou presque, à rebours du zapping des applications de rencontre.

Information au sein du groupe Lagardère, Christophe*, 49 ans, y a rencontré sa femme, Isabelle, avec qui il est en couple depuis une vingtaine d’années et pacsé depuis 2021 : “Je devais former les salariés sur leurs nouveaux outils de travail, et elle faisait partie de ces équipes. De fil en aiguille on a tissé un lien. Ensuite, on à déjeuné ensemble avec des collègues. J’ai pris son numéro de téléphone. On s’est donné rendez-vous en dehors du travail puis notre histoire a débuté !”.  

 

 

En agence média, Frédéric 52 ans, a eu un coup de foudre en 2004 alors qu’il participait à une série d’évènements festifs interprofessionnels. “Durant ces soirées professionnelles, on chantait et o, dansait. Lorsque j’ai parlé avec Patricia, cela a fait des étincelles et tout a commencé pour nous sur les Champs-Élysées avant la dernière soirée” s’enthousiasme-t-il. Dans la foulée, le couple s’est marié en 2005 et a eu deux enfants. Voilà vingt ans que cela dure.

À Paris, à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Adrien* a été immédiatement séduit par Juliette* alors qu’il était interne dans un service de neurologie et qu’elle était stagiaire dans une profession paramédicale. Elle raconte : “Lorsque je suis arrivée dans la salle de staff où il faisait un topo en public pour présenter un patient, il m’a vue et m’a fait un clin d’oeil. Cela m’a immédiatement refroidie ! Mais, lorsque j’ai parlé seule avec lui, j’ai perçu une tout autre personnalité que celle que j’avais imaginée. Nous nous sommes revus trois mois plus tard et c’est là, sans la blouse blanche, que tout a débuté pour nous !” Le couple s’est marié en 2019 et a aujourd’hui trois enfants.

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Le lieu de travail est un espace de rencontre singulier parce que les couples qui s’y forment vivent le début de leur histoire en cachette, pour éviter que leurs collègues le sachent.

 

 

Pas facile de composer avec ces derniers à en juger par l’étude. Selon 89% des sondés, ces histoires génèrent tout un as de ragots et de rumeurs, ainsi que des jalousies et des coups bas de la part des “amoureux” en cas de rupture (88%).

 

 

Combien de pratiques de harcèlements et de dysfonctionnements managériaux s’imbriquent dans les problèmes de coeur conflictuels ? Si la plupart de ces relations sont sérieuses, d’autres ne durent qu’un soir, et certaines agissent comme des brise-couples, car c’est également au bureau que se nouent des relations extraconjugales. “J’ai vu un médecin s’afficher avec sa maitresse, une soignante? C’était le couple de l’hôpital, mais sa femme, elle, ne le savait pas”, rapporte en core Juliette.

MOEURS ET MENTALITÉS DIFFÉRENTES 

L’entreprise serait-elle devenue une esclave hermétique à la sex récession révélée par l’Ifop ? Certes, 17% de ceux qui ont déjà eu une relation amoureuse au travail, attestant que c’était une histoire purement sexuelle. Mais, sur ce sujet précis, les différences d’attentes entre les hommes et les femmes sont importantes. Par exemple, l’acceptation d’avoir des “relations sexuelles occasionnelles” avec des collègues fait l’objet d’un différentiel de 19 points entre les deux genres. “Ces statistiques rappellent que les mentalités des hommes et des femmes sont toujours très différentes et qu’ils n’ont pas le même degré d’acceptabilité concernant les actes, ce qui ouvre la voie à des malentendus. Or, dans les débats que nous avons aujourd’hui sur le harcèlement, sur l’emprise et sur les contraintes, c’est bien ce différentiel qui est en cause”, analyse Chloé Morin, politique, experte associée à la Fondation Jean-Jaurès, et auteure de Quand il aura vingt ans (Guyard).

 

 

De fait, cette dimension genrée apparait comme en décalage avec les discours. progressistes de responsabilité sociétale des entreprises. Ces différences se perçoivent déjà au quotidien, dans des gestes anodins : “Dans les médias, on se tutoie, on se tape dans le dis, on se fait la bise. Mais les jeunes femmes sont beaucoup plus distantes qu’avant. L’autre jour, j’ai touché le bras d’une copine, je me suis demandé si elle n’allait pas porter plainte !”, pointe encore Frédéric, qui voit la suspicion s’immiscer dans certaines relations de camaraderie. 

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De fait, le mouvement #Me Too imprègne les liens hiérarchiques en entreprise. La drague et les compliments peuvent vite déraper : quelque 8% des femmes déclarent avoir vécu ces situations comme une traumatisantes.

 

 

Si 84% des répondants jugent acceptable une romance avec un autre salarié, ils ne sont plus que 43% lorsque cette histoire se déroule entre une employée et un supérieur direct, ou l’inverse. Encore plus spectaculaire, la drague est acceptée à 70% entre collègues, mais seulement à hauteur de 31% lorsqu’il existe un lien de subordination direct. Les Français ne ressemblent pas encore aux Américains mais ils se montrent très chatouilleux quand les questions de hiérarchie se mêlent à celles du coeur. Le culte de l’égalité sans doute.

 

Comment #Me Too a changé les relations amoureuses au travail 

 

 

La séduction amoureuse n’a pas disparu en entreprise, mais le mouvement #Me Too a générée de nouveaux comportements et le rejet de certaines attitudes déplacées. 

Ce mercredi, certains fêteront la Saint-Valentin discrètement… au boulot. Selon l’étude “La romance au travail” du cabinet Technologia et de l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne(*), 4,6% des répondants ont déjà eu une relation amoureuse au travail et 17% une histoire purement sexuelle. Difficile en effet de ne pas nouer des relations intimes dans un cadre où nous passons deux tiers de notre vie éveillée, analyse Jean-Claude Delgènes, président fondateur de Technologia : “Le travail reste un incubateur émotionnel, une source de relations importante.” D’ailleurs, pour plus de huit sondés sur dix, entretenir une relation amoureuse avec un collègue est tout à fait acceptable.Et si le fait d’avoir des rapports sexuels occasionnels avec un collègue est un peu moins bien toléré, presque six sur dix trouvent cela concevable.

Les relations avec un supérieur moins tolérées 

Reste que le mouvement #Me Too et la libération de la parole des femmes en matière de harcèlement sexuel a changé la donne dans les relations entre les hommes et les femmes au travail. Ainsi, plus d’un sondé sur deux trouve inacceptable d’entretenir une relation sentimentale avec un subordonné (53%) ou un supérieur direct (57%). Et 59% d’entre eux ne tolèrent pas l’idée d’être dragués par un subordonné et 65% par un supérieur direct. “Il y a un rejet de l’emprise, une volonté de rééquilibrage de la relations”, relève Jean-Claude Delgènes.

“Les femmes n’acceptent plus les commentaires graveleux” 

Ce mouvement a aussi influé sur la drague e entreprise : “On voit un effet #Me Too très net, car la séduction est tout à fait tolérée, mais à condition qu’elle ne soit pas lourdingue et qu’il y ait un consentement explicite, en particulier du côté des femmes”, note Jean-Claude Delègnes. Les commentaires sur les caractéristiques corporelles, qu’ils proviennent d’un collègue ou d’un supérieur, ne sont plus acceptés par l’écrasante majorité des répondants. Idem pour les contacts appuyés (bras autour du cou, main à la taille) qui sont massivement rejetés. “Les femmes n’acceptent plus certains regards, commentaires graveleux, attitudes sexistes. C’est l’effet de l’éducation de masse faite grâce à #Me Too“, commente le directeur de Technologia. Les salariés sont aussi davantage conscients des risques que comportent les tentatives de séduction quand seulement l’un des deux protagonistes en a envie. Car plus d’une femme sur cinq déclare avoir connu des situations de drague au boulot qui ont dégénéré. Des situations qui ne concernent que 8% des hommes. “D’où le souhait de 91% des répondants que leur entreprise sanctionne les agissements sexistes et le harcèlement sexuel. Mais sans pour autant qu’elle régule de manière trop drastique les relations qui relèvent de leur individualité. Ils sont contre une prohibition de la relation amoureuse au travail à l’américaine”, observe Jean-Claude Delgènes.

Sensibiliser aux risques salariés et cadres

Pour que les mentalités continuent à avancer, 62% des répondants souhaitent qu’une sensibilisation aux risques de dérives des romances au travail soit faite dans leur entreprise. “Il n’y a pas d’anticipation de ces situations en France par l’encadrement ou les services des ressources humaines. Pourtant, on pourrait mieux les réguler en informant mieux les salariés et en formant leurs managers”, insiste Jean-Claude Delgènes. Delphine Bancaud(*) Étude réalisée par Technologia et l’université Paris I, pour Marianne du 19 octobre 2023 au 8 janvier 2024 sur un échantillon de l 682 répondants, principalement des cadres, des professions intermédiaires et des employés.

 

 

“Se mettre en couple au travail est devenu plus compliqué”

Questions à Catherine Lejealle, Sociologue, chercheuse à l’ISC Paris, spécialiste des usages des nouvelles technologies.

 

 

Les rencontres au travail sont-elles fréquentes ? 

“Le nombre de personnes qui se sont rencontrés au travail est ce qui a le plus baissé au fil du temps, alors qu’en 1987, c’était le premier lieu de rencontres. Cela s’explique avec l’arrivée d’internet, mais il est également devenu plus compliqué aujourd’hui de se mettre en couple en entreprise parce que le climat est plus tendu, moins favorable à la rencontre amoureuse. On a peur de perdre sa place et on ne veut pas s’ajouter de potentiels conflits.”

Comment les modes de rencontre ont-ils alors évolué au fil du temps ? 

“L’arrivée des femmes dans le monde du travail a créer des occasions de rencontres, tout comme l’exposition du tourisme. Mais des études réalisées dans les années 2010 montrent l’importance d’internet et des applications dans la mise en relation. Au départ, il s’agissait de sites avec de nombreux échanges avant de se rencontrer puis est arrivé, en 2007, l’application “Adopt un mec”, créé pour répondre aux attentes des femmes et apporter de la confiance dans la mise en relation médiée. L’objectif de cette application était de leur redonner de pouvoir. En 2013, est arrivé “Tinder” qui base la rencontre sur la géolocalisation et met davantage en avant les photos. On considère aujourd’hui qu’il y a 1 200 sites et applications, dont certaines sont très spécialisées, par orientation politique, par pratique d’un sport…”

Les applications de rencontres ont-elles un impact sur la durée de la relation ?

“Non, Internet ne joue pas sur la durée de la relation amoureuse. Cela va surtout dépendre de l’âge. À 20 ans, sur Tinder, vous ne recherchez pas la personne avec qui faire votre vie. En revanche, si vous avez 28 ans et que vous avez envie de vous poser, les applications sont également un lieu de rencontre. Leur démocratisation à toutes les catégories socioprofessionnelles (CSP) et à tous les âges fait que les préjugés autour de la rencontre sur Internet ont disparu. À partir d’un moment, on oublie la façon dont on s’est rencontrés d’autant plus que le temps passé sur les applications est réduit. Le dévoilement et la rencontre se font davantage autour d’un verre. Elles ne servent qu’à permettre une mise en relation pour une rencontre très vite dans la vie réelle. Ceci apporte plus de naturel, permet de créer une petite mythologie du couple”.

Internet a-t-il permis un meilleur brassage social au sein des couples ?

“Le milieu social garde un rôle important au sein des couples. Cette homogamie qui aurait pu être remise en cause avec Internet ne l’a absolument pas été. Les gens font tout de même des choix sur l’application. On va chercher quelqu’un qui a plutôt le même niveau d’études et de salaire. Concernant la zone géographique, si on vit dans une zone peuplée, on sera peu enclin à rechercher des personnes loin de chez soi. En revanche, les personnes vivant dans des zones moins peuplées seront davantage obligées de faire des kilomètres pour trouver l’âme soeur.”

Si Internet ne joue pas sur la qualité et la durée de la relation, comment expliquer l’augmentation du nombre de divorce ? 

“Aujourd’hui, on a une exigence de bonheur. La vie est courte et on a envie de faire plein de choses. On n’a plus la patience d’attendre qu’une relation connaisse des phases d’éloignement. On veut quelque chose d’exceptionnel, réussir son couple. Le niveau d’exigence est monté du côté de chacun des partenaires. Puisque les femmes travaillent et sont financièrement autonomes, elles sont aussi plus libres et le divorce n’est plus mal perçu dans la société. Les jeunes qui se marient aujourd’hui savant que ce ne sera peut-être qu’une tranche de vie. Le mariage est une grande fête qui n’a plus la même valeur qu’autrefois. Ce n’est plus un point d’aboutissement mais un moment dans une trajectoire de couple.”

Propos recueillis par Alexandre Simard 

Zoom Ce que dit la loi 

 

 

En vertu du respect de la vie privée, l’employeur ne peut légalement s’opposer à la formation d’un couple au sein de l’entreprise. En effet, l’article L. 1132-1 du Code du travail interdit de sanctionner ou de licencier un salarier en raison de “sa situation de famille”. Les salariés en couple ne sont pas tenus de le communiquer à leur hiérarchie. Toutefois ils doivent veiller à ce que leur relation ne perturbe pas la vie de l’entreprise. Une sanction (ou un licenciement) pour un salarié tiré de la vie privée du salarié est autorisée lorsque le comportement du salarié a créé un “trouble caractérisé” préjudiciable à l’entreprise. À titre d’exemple, le comportement violent d’un salarié envers sa concubine, également salariée de l’entreprise, est constitutif d’un trouble caractérisé à l’entreprise, ce qui justifie donc son licenciement. L’employeur est en effet tenu à une obligation de prévention en matière de sécurité à l’égard de ses salariés. Une sanction pourrait également être prononcée à l’encontre d’un salarié qui dissimulerait sa relation amoureuse alors qu’il se trouve dans une situation de conflits d’intérêts. L’employeur se doit, en outre, de sensibiliser ses salariés sur le harcèlement et les agissements sexistes en entreprise. A.Si.

 

 

 

Témoignages / “Elle me lançait des phrases qui ne laissaient pas

de place au doute”

 

 

Une révolution sociétale. Le mouvement #Me Too a contribué à redéfinir les rapports entre les hommes et les femmes, y compris au travail. Depuis, certains hommes font beaucoup plus attention à leurs attitudes avec leurs collègues et proscrivent les rapports de séduction. Quitte à être un peu sur la défensive comme Nicolas, 42 ans : “Depuis #Me Too , on ne peut plus faire un compliment sans être mal vu ou repris, même si nos paroles sont respectueuses. Les amalgames sont devenus exagérés”, estime-t-il. Plus que jamais, Bastien, 39 ans, qui est délégué du personnel, s’interdit toute relation amoureuse au travail : “Pour moi, ce n’est pas un lieu de rencontre et cela peut amener à de sérieuses dérives si la relation vient à se terminer. Et on peut se demander si les directions d’entreprise prennent réellement ce problème au sérieux.” Mais pour d’autres, le mouvement de libération de la parole n’a pas eu réellement d’impact sur leur vie sentimentale, y compris au boulot. Car ils ont l’impression d’avoir toujours été respectueux des femmes. “#Me Too n’a jamais fait partie de ma réflexion avant de draguer au travail”, explique ainsi David, 31 ans.

“Personne n’en a jamais rien su” 

Mais avant de se lancer dans une phase de séduction, il s’est assuré que sa future copine était sur la même longueur d’onde : “Elle me lançait pas de place au doute. Et avant de lui proposer un rendez-vous, on s’est avoué notre crash (notre sentiment, NDLR) commun par écrit. Une façon pour moi d’être certain de son consentement pour aller plus loin”, explique t-il. #Me Too, n’a pas non plus freiné l’envie de rencontres de Fred, 50 ans, qui a connu deux histoires d’amour au travail : “L’une était à mon niveau hiérarchique, l’autre pas”, raconte-t-il. S’il explique n’avoir pris aucune précaution particulière avant de se lancer, il souligne cependant que “la question du consentement mutuel est désarmais encore plus essentielle et n’est plus implicite.” Reste qu’une fois la relation installée, Fred a dû faire preuve de discrétion pour éviter toute dérive au bureau : “Personne n’en a jamais rien su. Et ce n’était pas toujours facile de devoir sans arrêt surveiller mon regard, mon langage, ma manière d’être et mes réactions lorsque des collègues discutaient de mon amoureuse.” David a dû aussi taire ses sentiments dans l’open space. “Une discrétion légendaire nous a accompagnés. Et comme nous sommes tous les deux très sociables au sein de l’entreprise, le fait de se parler souvent n’était pas si étrange que ça. Mais au bout de six mois de vraie relation, tout le monde l’a su”, qui a rencontré son conjoint aide-soignant, a eu plus de difficultés quand sa relation a été connue de tous : Ça a été compliqué : cela a provoqué des jalousies et les collègues étaient moins joviales. Ne leur en déplaise ! Plusieurs années après, nous avons deux enfants et une vie formidable et je suis plus amoureuse que jamais.” Delphine Bancaud

 

 

 

 

 

 

L’amour au travail 

 

 

Jean-Claude Delgènes : “Le bureau est un puissant incubateur émotionnel”

Propos recueillis par Violaine de Courières

 

46% des salariés français ont déjà eu une relation au travail : c’est l’enseignement d’une étude inédite réalisée par le cabinet Technologia et l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne. Rencontre avec Jean-Claude Delgènes, le président du cabinet.

 

Marianne : Votre cabinet est une référence dans la gestion des risques et l’amélioration des conditions de travail, un sujet éloigné de la romance au travail. Pourquoi avez-vous voulu réaliser cette étude ? 

Jean-Claude Delgènes : Notre cabinet réalise environ 300 études par an. Dans ce cadre, nous voyons les conséquences managériales des recrutements sentimentaux, des promotions préférentielles. Tout cela produit des dysfonctionnements. De plus, les émotions des salariés ont un impact au quotidien : lorsqu’il y a une rupture amoureuse sur le lieu de travail, cela a des conséquences.

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La personne peut être dans un état de sidération, d’autant plus quand elle continue à être en proximité avec l’autre personne dans son travail. Elle peur commettre des erreurs professionnelles ou se mettre en danger. Dans les petites entreprises, les couples associés déposent souvent le bila lorsqu’ils se séparent.

Êtes-vous étonné par les chiffres de cette enquête ?

Le bureau est un puissant incubateur émotionnel, et nous l’observions déjà. Les jeunes générations y nouent des amitiés, en se voyant souvent après le travail. Beaucoup se marient après une rencontre. La nouveauté est l’impact de #Me Too sur les liens hiérarchiques.

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Dans l’enseignement, l’édition, divers secteurs, du point de vue des femmes, il y a eu des phénomènes de croyance de relations amoureuses, alors que cela ne l’était pas. Ces révélations entraînent une forme d’écoeurement. Si nous avions réalisé cette étude il y a une dizaine d’années, nous n’aurions pas obtenu les mêmes résultats.

La tyrannie du court terme et la novlangue managériale ne représentent-elles pas un tue-l’amour dans certaines structures ? 

En étudiant certaines entreprises, je perçois une forme de glaçage émotionnel à travers les visages de cire et les sourires crispés. Ces groupes sont régis par une forme de direction par les objectifs, imposant de ne pas avoir d’états d’âme lors d’un licenciement par exemple.

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Or, c’est justement la dimension émotionnelle, la pâte humaine qui génère la joie de se retrouver entre collègues. Le Partage avec ses pairs est une des triples dimensions du sens au travail. Nous militons pour la prise en compte de toutes ces émotions dans le cadre d’un management éclairé et bienveillant.

 

Veuillez retrouver le fichier de l’étude : “La Romance au Travail” sur le lien ci-joint :  LA ROMANCE AU TRAVAIL_240126_15h27

 

 

 

Enquête Great Place to Work : dans la tête des salariés français en 2024

 

Enquête Great Place To Work : dans la tête des salariés français en 2024. 

 

Méthodologie de l’enquête 

 

 

 

2024, l’évidence s’impose à nous : le changement n’a pas de début et surtout pas de fin, il fait partie intégrante de la vie des organisations comme des individus.

Il prend de nombreuses formes et fat de l’accompagnement du changement un priorité pour des DRH.

Or 69% d’entre eux seulement déclarent avoir été informés des projets de transformation et les avoir compris, et à peine plus de la moitié (51%) ont été associées à leur mise en place. Les managers de proximité jouent également un rôle clé face à ces défis. Faut-il encore qu’ils en comprennent bien les objectifs (68% à date) et soient associés à leur mise en place (55% à date).

Pour y parvenir, une clé : la confiance. 

Confiance des collaborateurs vis-à-vis de leur organisation, grâce à une communauté managériale et à un cadre rassurant.

Confiance mutuelle entre les collaborateurs via l’association des parties prenantes aux projets de changement.

Et confiance en l’avenir en construisant une dynamique collective porteuse de sens. Focus sur les 6 grandes transformations qui traversent aujourd’hui le métier des RH.

La donnée clé 

61% des salariés français estiment que leur entreprise ne fait rien, ou juste des actions cosmétiques dans le domaine de la QVT.

Insight #1

La santé mentale des travailleurs au coeur des préoccupations. 

La santé mentale est le premier risque lié au travail… et les entreprises n’en sont qu’au début de leur prise de conscience.

#1 La Santé mentale

La donnée clé 

56% des salariés français estiment avoir une bonne santé mentale. Et 35% déclarent avoir des hauts et des bas.

 

 

 

 

 

 

Les 3 risques du travail les plus importants identifiés par les Français sont liés à leur santé mentale.

 

 

Impact su Travail sur la santé mentale selon l’âge 

Les jeunes entre 15 et 24 ans sont la population la plus fragilisée en termes de santé mentale. Pour autant, ce sont les seniors qui perçoivent le moins positivement l’impact de leur activité professionnelle sur leur santé mentale.

 

 

 

 

 

 

Impact du travail sur la santé mentale selon le genre 

Les femmes sont en retrait sur leur perception de leur santé mentale, et en particulier les femmes seniors.

A noter : l’écart s’accentue encore si elles ont un statut de salariée non-manager.

 

 

Impact du travail sur la santé mentale selon le niveau de management. 

Les non-managers, mais aussi les DRH, sont particulièrement fragilisés en termes de santé mentale.

Perception de la prévention de la santé mentale selon l’âge

Si les seniors considèrent que leur activité professionnelle n’impact pas positivement leur santé mentale, c’est en partie lié à un manque d’actions concrètes de prévention et de soutien déployées par leurs employeurs.

 

 

 

 

 

Perception de la prévention de la santé mentale selon le niveau managérial 

On observe un désalignement entre les managers et les collaborateurs : soit les managers sont trop optimistes (dispositifs de prévention pas adaptés ou pas assez robustes), soit les non-managers ne les connaissent pas.

 

 

 

 

 

 

 

Insight #2 

Gérer le grand écart entre besoins individuels et nécessité du collectif.

Les Français attendent de la flexibilité pour répondre à leurs besoins individuels, mais aussi du collectif pour apprendre et maintenir la convivialité.

#2 Individu / Collectivité 

La donnée clé 

55% des salariés français déclarent que leur expérience actuelle de télétravail répond aussi bien à leur besoin d’équilibre pro-perso qu’au besoin de performance de leur entreprise.

La donnée clé 

44% des salariés français peuvent télétravailler lorsqu’ils ou elles le jugent nécéssaire.

Les 3 grandes opportunités du travail 

Identifiées par les Français sont liées à la QVT, avec la flexibilité du temps de travail en haut du podium.

 

 

 

 

73% des salariés français sont intéressés par la semaine de 4 jours. Ce constat est partagé par les salariés quel que soit : 

Les managers sont aussi intéressés 

Seriez-vous intéressé(e) par la perspective de passer à la semaine de 4 jours ?

Les respect de l’équilibre entre la vie professionnelle et personnelle est le 3e facteur (ex aequo avec l’intérêt des missions) qui amènerait les salariés français à quitter leur entreprise, après la rémunération et le sens du travail. 

54% des salariés français déclarent que leur entreprise les encourage à conserver un équilibre entre leur vie professionnelle et leur vie privée.

Les attentes liées au collectif et à la convivialité au travail restent très importantes, en parallèle de celles liées au respect des besoins individuels. C’est cet équilibre entre flexibilité et maintien du collectif qui permettra aux salariés de se sentir bien au travail.

Les 3 aspects du travail les plus importants

La convivialité est dans le top 3, juste derrière le sens : ce classement montre bien l’importance de l’enjeu du collectif au travail.

 

 

 

Les non-managers sont en attente de convivialité 

Les répondants non-managers ont une perception moins positive sur les questions liées à la convivialité : c’est donc un enjeu important à traiter pour les entreprises.

 

 

 

 

 

 

Insight #3

Les Français vieillissent : et si c’était une bonne nouvelle pour les entreprises ? 

Les stéréotypes liés à l’âge doivent être déconstruits pour donner toute leur place aux seniors dans les organisations.

#3 Seniors

La donnée clé 

55% des salariés français s’estiment traités équitablement quel que soit leur âge.

 Perception du traitement équitable selon l’âge 

Les seniors ont l’impression de ne pas être traités différemment selon l’âge : ce sont d’ailleurs plutôt les plus jeunes (15-24 ans) qui s’estiment discriminés sur ce critère.

 

 

 

Les seniors sont délaissés par leur management. 

Cependant, dans les faits, les seniors subissent un délaissement managériale : les chiffres montrent que les entreprises n’investissent pas sur l’employabilité des plus de 55 ans, en particulier lorsqu’ils n’ont pas de statut manager. 66% des seniors n’ont pas acquis de nouvelles compétences en 2023 contre 47% des Français.

Les seniors bénéficient peu de formations.

Qu’il s’agisse de formations en ligne, en présentiel ou juste de l’identification des besoins, plus l’âge avance et plus la perception est négative.

 

 

 

 

 

Les seniors sont peu accompagnés par leurs managers.

Les feedbacks et entretiens individuels se raréfient chez les salariés les plus seniors, avec une baisse qui s’intensifies radicalement entre 45 et 54 ans.

Conséquences ? 

Les plus de 55 ans perdent confiance dans leur employabilité. Pour eux, apprendre n’est pas un facteur d’employabilité.

27% des plus de 55 ans déclarent avoir besoin de monter en compétences au cours des cinq prochaines années (contre 51% de Français en moyenne).

9% des plus de 55 ans seulement considèrent qu’apprendre leur permettra d’être plus attractifs sur le marché de l’emploi.

Pourtant, plusieurs facteurs pourraient les motiver à apprendre et à monter en compétence, faisant des séniors une ressource clé dans les organisations.

60% des plus de 55 ans déclarent apprendre davantage lors d’occasions informelles et d’échanges que lors d’occasions formelles (contre 51% des Français).

 

Les seniors le sens de l’entreprise : 

C’est la seule population qui souhaite se former d’abord pour la qualité de leur travail avant de penser à leurs compétences individuelles.

La donnée clé 

40% des salariés français sont satisfait.es de l’accompagnement des seniors dans leu entreprise.

 

 

 

 

 

Préserver la capacité d’adaptation et la flexibilité des seniors.

A partir de 45 ans, la perception de l’accompagnement des seniors devient moins positive chez les salariés français : plus on se rapproche du statut de “senior’, plus on prend conscience de l’absence de dispositifs et d’accompagnement.

 

 

 

 

 

 

 

Insight #4

L’IA prend son envol… mais les Français ne sont pas prêts. 

L’IA transforme le travail, mais les Français ne se sentent pas encore suffisamment équipés.

#4 L’IA

La donnée clé

21% des salariés français estiment avoir un bon niveau de connaissance sur l’IA et ses impacts sur le travail.

Le niveau de connaissance des enjeux liés à l’IA dégringole avec l’âge…

Néanmoins, la perception des jeunes reste elles aussi extrêmement faible.

 

 

 

 

Une Transformation digitale qui mobilise tout le monde. 

Globalement, les salariés français sont engagés dans la transformation digitale de leur entreprise quel que soit leur âge : contre toute attente, les plus jeunes ne sont pas forcément les plus à l’aise.

Risque 

19% des salariés français perçoivent l’intelligence artificielle comme le plus gros risque lié au travail à l’heure actuelle.

Opportunité 

15% des salariés français considèrent l’intelligence artificielle comme l’une des plus grandes opportunités pour le futur du travail.

Les 3 grands avantages de l’IA selon les DRH. 

La productivité est au coeur des avantages identifiés, mais l’IA présente aussi des opportunités en termes de développement des compétences.

 

 

 

 

 

 

 

Insight #5

La RSE se fait sa place dans les entreprises. 

La RSE est devenue incontournable pour les Français. Les DRH en ont conscience mais les résultats ne sont pas encore à la hauteur.

#5 RSE

La donnée clé.                                                               

70% DRH se sentent concernés par la RSE.            vs               56% salariés français se sentent concernés par la RSE.

 

 

 

Le sens au travail : dans le top 3 des aspects les plus importants.

Chez les cadres de + 55 ans, le sens passe en première position et constitue de ce fait un réel levier d’engagement.

 

 

Quel est le rôle des entreprises dans la démarche RSE selon les salariés français ? 

81% pensent que les entreprises ont un rôle à jouer pour rendre la société meilleure. 77% estiment que la définition d’une mission ou de valeurs est importante pour une entreprise. 49% indiquent que l’engagement RSE de leur entreprise est suffisant (43% des DRH partagent ce point de vue).

Cohérence de la démarche RSE de l’entreprise. 

41% déclarent que leur équipe agit en cohérence avec les enjeux RSE.  42% déclarent que leur activité est cohérente avec leurs engagements RSE.

Communication de la démarche RSE de l’entreprise. 

45% déclarent que leur politique éthique est clairement communiquée. 41% déclarent la communication interne sur la stratégie RSE est claire.

Ambition de la démarche RSE de l’entreprise. 

44% déclarent que le management s’efforcer de de concilier responsabilité économique et responsabilité sociale. 41% déclarent que leur organisation déploie une politique RSE qui répond aux enjeux du secteur. 40% déclarent que leur organisation est engagée dans une politique de lutte contre le changement climatique.

Association des collaborateurs à la démarche RSE. 

52% pensent être suffisamment associés à la réalisation de la démarche RSE. 42% déclarent que l’engagement RSE de l’organisation les encourage à faire évoluer leur propre comportement.

Engagement des collaborateurs à la démarche RSE. 

19% indiquent que la quête de sens les amènerait à quitter leur entreprise ; en 2e position derrière la rémunération (29%). 40% déclarent que la démarche RSE de l’organisation est pour eux une source de fierté. 37% déclarent que les actions RSE de l’organisation les motivent dans leur travail.

 

 

Insight #6.

Une nécessaire résilience économique. 

Dans un contexte économique de plus en plus difficile, la perception des Français stagne. Les efforts sont à poursuivre.

#6 Résilience 
Rémunération et partage des bénéfices : 

On observe très peu ou pas d’évolution. Entre 2023 et 2024, la perception des Français stagne.

43% des salariés français se sentent rémunérés à leur juste valeur (-1 point par rapport à 2023). 39% des salariés français déclarent que le partage des bénéfices est équitable dans leur entreprise (même score qu’en 2023).

Confiance envers le management. 

60% des salariés français estiment que l’entreprise ne licencierait qu’en dernier recours. 44% des salariés français déclarent que leur management s’efforce de concilier responsabilité économique et responsabilité sociale.

Perception différente selon le statut managérial. 

Il existe un désalignement dans la perception de l’équité entre les CODIR / managers intermédiaires et le reste de l’entreprise.

 

 

 

 

Les crises géopolitiques et inflationniste ont très peu impacté la perception des Français, laissant encore une marge de progression importante pour les entreprises.

 

 

 

 

 

Les Populations non-managers ont une perception significativement plus négative de leur rémunération et du partage des bénéfices, et se sentent également plus en risque.

 

 

 

 

 

 

 

Vous venez de prendre connaissance des résultats de notre enquête Great Insight 2024, pour laquelle nous avons interrogé 4000 actif.ves français.es.

Ressources complémentaires 

Guide “3 moyens d’action face à l’inflations”

Guide “Prenez-vous soin des seniors dans votre organisation ?”

Les megatrends RH 2024 by UKG

 

 

 

 

Si vous voulez plus : contactez-nous !

Rédaction & Conception

Marine Bernard, consultante senior

Camille Denaeyer-LeFloch, responsable marketing 

Sarah Ferry, directrice communication & marketing

 

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